Raymond Archambault, qui était chef d’antenne du radiojournal du matin à la Première Chaîne de Radio-Canada, a pris la parole à l’occasion d’un café souverainiste organisé conjointement par le Bloc Québécois et le Parti Québécois, au club de golf de Saint-Lambert. Il est maintenant retraité depuis juillet 2009 de Radio-Canada, où il a débuté sa carrière en tant que journaliste en 1977. Au cours de son allocution, M. Archambault a fait une récapitulation de nos derniers trente ans d’histoire nationale avant d’aborder le problème médiatique.
Il a particulièrement insisté sur les événements qui eurent lieu le 4 et 5 novembre 1981 à l’époque des négociations constitutionnelles entre les provinces et le gouvernement fédéral. À ce moment, il y avait un front commun des provinces qui s’étaient entendues sur certaines revendications. Le Premier ministre du Canada, Pierre E. Trudeau, avait suggéré de les soumettre à un référendum à travers le Canada, et René Lévesque accepta la proposition sans consulter les autres provinces.
À la sortie de la conférence, M. Archambault affirme qu’il a clairement entendu M. Trudeau dire : « Anyway, the chicken is in the basket ». Alors que la délégation du Québec était retournée sur son territoire pour passer la nuit à Hull, Pierre E. Trudeau convoqua en secret les provinces anglaises, et il n’en fallut pas moins pour rompre le front commun. Le lendemain matin, René Lévesque se retrouva devant un accord inacceptable, et c’est depuis ce temps que tous les premiers ministres du Québec ont refusé de signer cette Constitution.
Ensuite, lors de son allocution sur les médias, Raymond Archambault a souligné la grande concentration de la presse et l’a démontrée en déclarant qu’il y a trois personnes qui décident du contenu de l’information des citoyens. Il s’agit de Stephen Harper, de Paul Desmarais et de Pierre-Karl Péladeau.
Stephen Harper, car c’est le Premier ministre du Canada qui nomme le président de Radio-Canada. Notons que le mandat de Radio-Canada est de favoriser l’unité canadienne. Paul Desmarais se déclare ouvertement fédéraliste, et détient Gesca par le biais de Power Corporation. Gesca contrôle plus de 50% de la presse écrite au Québec avec ses multiples quotidiens et journaux régionaux. Pierre-Karl Péladeau est le président de Quebecor, dont l’empire médiatique s’étend à la grandeur du Canada.
Nous n’avons donc pas de grand média de masse souverainiste. Les solutions proposées par monsieur Archambault sont de revoir le mandat de Télé-Québec pour en faire un contrepoids de Radio-Canada, et aussi de créer un journal hebdomadaire souverainiste. Il a toutefois admis qu’il est coûteux de produire de l’information télévisuelle, et que l’idée pourrait être difficile à imposer en période de compressions budgétaires.
Bien que la conférence de M. Archambault ait suscité un enthousiasme général dans la salle, certaines questions sont venues de l’assistance par rapport à la viabilité d’un tel journal puisque l’expérience a déjà été tentée avec le journal Le Jour.
Le journal Le Jour a été lancé le 28 février 1974, il fut dirigé par Yves Michaud et réussira à vendre jusqu’à 32 000 copies par jour. Le journal ferme cependant le 27 août 1976, à la suite de conflits internes majeurs concernant la politique éditoriale et de difficultés financières dues entre autres au boycott publicitaire des institutions publiques fédérales et provinciales.
M. Archambault expliqua qu’un quotidien est plus difficilement viable car il a des coûts d’exploitation élevés, mais qu’un hebdomadaire pourrait être envisageable.
Xavier Barsalou-Duval
Militant, Longueuil–Pierre-Boucher







